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Q.I. : une étude démontre l’égalité des garçons et des filles face à l’intelligence

Scolarité

L’intelligence des filles et celle des garçons sont quasiment identiques. Il n’existe aucune prédisposition définie par le sexe dans les aptitudes d’un enfant pour une filière plutôt qu’une autre. C’est la thèse du professeur Jacques Grégoire dans son étude Les différences intellectuelles entre garçons et filles, 35 ans d’évolution du WISC-R au WISC-V.

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L’étude démontre l’égalité des filles et des garçons face à l’intelligence (Photo by Matthew Henry from Burst)

Jacques Grégoire est professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université Catholique de Louvain, en Belgique. Dans une étude récemment publiée par la revue A.N.A.E. (Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l’Enfant), en partenariat avec Mensa Be Youth, il démontre que les garçons et les filles sont égaux face à l’intelligence.

Pour en arriver à cette conclusion, Jacques Grégoire a compilé et comparé les données d’étalonnage utilisées pour la WISC-V. Un communiqué précise que les résultats pris en compte sont représentatifs de la population française de 6 à 16 ans. Avec 517 garçons et 532.

Aucune différence significatives

Ainsi, dans Les différences intellectuelles entre garçons et filles, 35 ans d’évolution du WISC-R au WISC-V, Jacques Grégoire conclue qu’il n’existe aucune différence significative entre le QI total des garçons et des filles. Par ailleurs, le chercheur ne constate pas de différence significative dans la variance des résultats. Cela signifie que les effectifs qui composent les hautes et les basses performances comprennent autant de filles que de garçons.

Si l’on se penche un peu sur les résultats de l’étude sur Les différences intellectuelles entre garçons et filles, on se rend compte que sur les 5 indices sur lesquels se base le résultat de la WISC-V, 4 ne présentent aucune différence significative entre les deux sexe. C’est le cas pour les indices Compréhension verbale, Visuospatial, Raisonnement fluide et Mémoire de travail.

Les filles plus rapides dans le traitement

En revanche, Jacques Grégoire note une « différence significative d’ampleur modérée » pour l’indice Vitesse de traitement. Elle est au bénéfice des filles. Un écart pour lequel, le professeur de l’UC Louvain émet 3 hypothèses. Les filles profiteraient de meilleures compétences en lecture. Ce qui favoriserait un traitement plus rapide des stimuli visuels. Leur motricité fine serait aussi plus précise et elles jouiraient d’une meilleure coordination oculomotrice. Enfin, le contrôle attentionnel des filles s’avèrerait plus efficace.

« Cette différence peut expliquer, en partie, le comportement scolaire plus appliqué des filles et leurs performances scolaires supérieures à celles des garçons à l’adolescence et au début de l’âge adulte, analyse Jacques Grégoire. En dehors de la différence dans l’indice de Vitesse de traitement, les données d’étalonnage du WISC-V ne mettent en évidence aucune prédisposition intellectuelle particulière aux filles ou aux garçons pour certains apprentissages ni pour certaines filières de formation. »

Ces résultats s’inscrivent à l’encontre de certains préjugés. En effet, nous considérons généralement que garçons et filles présentent des capacités intellectuelles différentes qui les conduiraient à se tourner vers des filières différentes. Il est notamment courant de dire que les garçons sont plus aptes aux études scientifiques alors que les filles préfèrent les filières littéraires.

Référence :

Grégoire, J. (2020). Les différences intellectuelles entre garçons et filles, 35 ans d’évolution du WISC-R au WISC-V. A.N.A.E., 169, 673-681.

Les cours et les recherches de Jacques Grégoire portent sur la mesure et l’évaluation des apprentissages, le diagnostic de l’intelligence et des troubles d’apprentissage et les méthodes de l’examen psychologique. Auteur ou coauteur de nombreux articles et ouvrages, il a également assuré la responsabilité scientifique de l’adaptation française de différentes échelles de Wechsler (les plus utilisées pour l’évaluation de l’intelligence) et de plusieurs autres tests. Il a été Président de l’International Test Commission de 2006 à 2008. Il est actuellement vice-recteur à la politique du personnel de l’Université de Louvain, à Louvain-la-Neuve.

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