Portrait : Aurélie Grolleau, d’hypersensible à empathologue émotionnelle

Portraits

Après un parcours professionnel et personnel sinueux, Aurélie Grolleau est devenue empathologue émotionnelle pour hypersensibles et hauts potentiels (HP). Une activité qui lui permet de mettre son hypersensibilité à profit et d’aider les autres. Portrait…

« Je regarde la manière de réagir, de répondre à mes questions ou même de se taire de mes clients. Si c’est nécessaire, je les prends dans mes bras pour les apaiser » (Photo : Nicole De Khors from Burst)

Il y a les personnes pour qui le chemin est tout tracé. La voie est dégagée, les choix simples et la destination identifiée. Et puis, il y a les autres. Ceux qui, pour diverses raisons, ne savent pas vraiment où aller, ou alors veulent aller un peu partout à la fois. Aurélie Grolleau fait partie de cette dernière catégorie.

Même si – et c’est généralement le cas pour tous les surdoués – certains doutes subsistent encore, il semble évident qu’Aurélie a aujourd’hui trouvé sa place avec son activité d’empathologue émotionnelle. Mais, pour y arriver, la trajectoire de cette Marseillaise n’a pas été rectiligne. Mais, en fin de compte, le chemin importe peu puisque la volonté d’arriver suffit à tout. Et c’est Albert Camus qui le dit. On peut lui faire confiance !

« Je ne me suis jamais vraiment occupée de moi »

C’est en juin 2016 qu’Aurélie Grolleau prend le virage décisif. Alors assistante de secteur dans l’aide à domicile, tout semble rouler pour elle. « J’encadrais une vingtaine de fille et m’occupait des bénéficiaires, raconte-t-elle. Beaucoup pensaient que j’étais la patronne et je pense qu’on m’adorait. » Pourtant, Aurélie souffre. « Je me suis aperçue que je n’étais pas à ma place, se souvient-elle. Je le ressentais même physiquement. » Douleurs, fatigue, faim… Les symptômes s’accumulent.

C’est ainsi qu’elle prend conscience que quelque chose ne va pas dans sa vie. Et qu’il y a urgence à rectifier le tir. Elle a jusqu’alors passé sa vie à s’occuper des autres. « J’ai toujours été attirée par les personnes qui avaient des difficultés, sauf que je ne me suis jamais vraiment occupée de moi », analyse Aurélie. Une tendance qui l’a conduite à fréquenter physiquement des personnes qu’elle ne désirait pas, seulement pour les aider, « leur donner de l’amour, les apaiser », souffle-t-elle. Il y a eu cette jeune femme née dans un corps d’homme qu’elle a conduit à « se révéler ». Ou encore cet homme, profondément déprimé, à qui elle a offert sa compagnie…

Une première expérience en calinothérapie

Aurélie Grolleau (Photo DR)

Il fallait que tout cela s’arrête. Elle devait penser à elle. S’écouter, s’aider elle même. C’est ainsi qu’elle décide de changer de métier. En juillet 2017, elle se tourne vers la calinothérapie. Elle se documente sur le métier, contacte des praticiens et commence même à exercer. Mais l’expérience est peu concluante. Entre temps, elle rencontre Alban Bourdy, un écrivain qui a notamment fondé le salon spécialisé Surdouessence. Celui-ci l’y invite sur le salon pour qu’elle fasse la promotion de son activité. « Mais, là-bas, j’avais du mal à parler, à me sentir crédible ». Alors, elle s’intéresse plutôt aux conférences. Tant pis pour la promo ! Dans un même temps, elle passe un test de QI – offert par un de ses amis – et découvre son haut potentiel intellectuel. Les résultats la déstabilisent un peu mais lui donnent finalement confiance en elle.

Par la suite, pendant des vacances avec un proche, elle fournit son aide à celui-ci qui est en souffrance psychologique. Elle le fait naturellement, mais elle lui apporte un réel soutien. Alors, son ami, soucieux de lui faire prendre conscience de ses capacités, décide de la rémunérer. « Au début, je ne voulais pas de son argent, explique Aurélie Grolleau. Mais il m’a fait comprendre que ce que je faisais, c’était un vrai boulot, c’était du coaching. » Ce même ami l’encourage à se lancer sérieusement en lui fournissant même un bureau. Mais elle doute encore. Forcément.

Le manque de confiance en soi comme fil conducteur

C’est alors qu’au gré de ses lectures, elle découvre le terme « empathologue ». Ça lui parle. Elle est sensible, Aurélie. Elle comprend les gens, leurs émotions, elle les partage même. En fait, elle ne le sait peut-être pas encore, mais elle est déjà empathologue émotionnelle ! Face à cette évidence, elle revient sur une nouvelle édition de Surdouessence où elle occupe désormais un stand et distribue des flyers pour faire connaître sa nouvelle activité. « Mais, encore une fois, j’estime que je manque de crédibilité », regrette-t-elle. Elle n’a pas de formation, manque de confiance en elle, alors comment pourrait-elle se mettre en avant et convaincre de futurs clients ? Pas facile.

Pour y parvenir, il lui faut de l’aide, grappiller un peu d’estime de soi. Elle y parvient grâce à la rencontre du psychanalyste français Saverio Tomasella, entre autres connu pour être à l’initiative de la journée de l’hypersensibilité du 13 janvier. Aurélie tombe sur lui alors qu’il s’apprête à donner une conférence à Surdouessence. Elle ne sait pas qui il est. Elle l’apprendra plus tard. Mais, rapidement, le psychanalyste lui fait prendre conscience de sa singularité. Et là, c’est le déclic.

Consultations d’empathologue émotionnelle et rencontres entre hypersensibles

Rapidement, Aurélie Grolleau s’active. Elle crée l’événement Naturempathes à Marseille où les visiteurs peuvent profiter de séances de découverte de médecines alternatives et de conférences spécialisées. Elle invite beaucoup de monde, programme des conférenciers « qui ont vécu des choses très fortes et qui aident les autres », raconte-t-elle. Là encore « je mets beaucoup de personnes en avant, mais pas moi », constate Aurélie. Malgré tout, elle persiste dans sa nouvelle voie.

Si elle ne parvient pas encore à vivre de son activité d’empathologue émotionnelle, Aurélie Grolleau compte aujourd’hui plusieurs clients, dont certains viennent la voir régulièrement. En faisant appel à son intuition, elle cerne leurs problèmes et les accompagne. Une démarche qui passe par l’écoute, le réconfort et les conseils. Le tout sans juger. « Je regarde la manière de réagir, de répondre à mes questions ou même de se taire de mes clients. Si c’est nécessaire, je les prends dans mes bras pour les apaiser, détaille-t-elle. Je me sers de ma souffrance pour donner de l’espoir et convaincre la personne qu’elle peut réussir à surmonter ses problèmes. » Et selon elle, ça marche. Il faut compter 70 € pour une séance d’une heure.

En parallèle, Aurélie Grolleau gère un groupe Facebook dédié aux « philo-cognitifs, hyperempathes et hypersensibles ». Depuis peu, elle propose également des rendez-vous dans un parc de Marseille pour permettre à ces personnes de se rencontrer, d’échanger et de nouer des liens. Et, au milieu d’eux, elle se sent à sa place. Sans boule au ventre !

En savoir plus :

naturempathes.fr

La page Facebook dédiée à l’activité d’empathologue émotionnelle d’Aurélie Grolleau

empathologue.fr

4 thoughts on “Portrait : Aurélie Grolleau, d’hypersensible à empathologue émotionnelle

  1. Félicitations à cette jeune femme pour avoir trouvé sa place !
    Je suis persuadé qu’une formation en psychologie lui apportera à la fois une plus grande connaissance d’elle même et une plus grande crédibilité vis à vis de ses clients.. ou de ses détracteurs 😉

    1. Merci infiniment…Je laisse mon chemin se faire avec de très nombreux outils appris en cours de route…..
      On apprend tous les joues, de plus, le bouche à oreille parle de lui même…
      Mais je prend note, très belle journée à vous Éric 🙏

  2. Bonjour Aurélie,
    Votre histoire fait écho profondément en moi ! J’espère (je pense) que l’occasion nous sera donnée de nous rencontrer !
    Continuez votre chemin selon votre cœur.
    Bonne journée
    Natacha

  3. Je t’ai connu seulement sur Facebook mais tu m’as donné l’impression de s’être rencontrer depuis des années. Par nos points communs l’empathie, l’hypersensibilité, le chant et ta joie de vivre et qui sait peut être encore d’autres j’arrive tout simplement à te cerner. Tu partage énormément d’amour car c’est ton seul et unique carburant pour avancer « un autre point commun »…Tu es une personne authentique et tu mérites bien ta réussite. Grosse bise

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