Nicolas Gauvrit

Nicolas Gauvrit dénonce le « juteux commerce de l’intelligence » autour des HPI

Adultes Brèves

Le mathématicien et psychologue Nicolas Gauvrit dénonce le « business tout à fait juteux » qui se développe autour des surdoués. Dans un entretien accordé au journal Le Point, il pointe notamment la victimisation et la sur-identification des personnes HPI.

Nicolas Gauvrit
Capture d’écran du site Internet du magazine Le Point

Le magazine Le Point a publié un entretien avec Nicolas Gauvrit, mathématicien et psychologue, sur son site Internet mercredi 18 septembre 2019. Il est chercheur en sciences cognitives au laboratoire « Cognitions humaine et artificielle » de l’Ecole pratique des hautes études de Paris. Il a notamment dirigé Des têtes bien faites : défense de l’esprit critique, publié aux éditions des Presses Universitaires de France (PUF).

Répondant à une question des journalistes sur l’existence d’un « commerce de l’intelligence » autour des hauts potentiels intellectuels (HPI), Nicolas Gauvrit juge, d’emblée, le thème comme « tout à fait juteux ». Il parle même de « business » des surdoués. Le scientifique met en cause les personnes qui, « de bonne foi ou non », victimisent les HPI. Il constate aussi une autre dérive qui consiste à identifier « tout patient solvable comme surdoué ».

L’obsession occidentale du Q.I., selon Nicolas Gauvrit

Nicolas Gauvrit juge également que la mesure de l’intelligence représente « essentiellement une obsession occidentale ». En effet, d’autres sociétés s’intéressent davantage à des qualités basées sur les émotions ou l’entraide, par exemple. Le chercheur souligne d’ailleurs « que ce qu’on appelle « intelligence » varie d’une culture à l’autre ».

L’entretien continue avec la question des éventuelles corrélations entre le niveau du Q.I. et la réussite professionnelle, le bonheur, les revenus et la mortalité. Nicolas Gauvrit les juge « faibles, mais bien établies ». Les facteurs génétiques influeraient sur plus de 50 % des variations de Q.I.. « On n’a pas identifié de gène de l’intelligence en particulier, mais on sait que le Q.I. est en grande partie héritable », nuance-t-il. Il précise toutefois que de nombreuses études s’intéressent à la question et que, par conséquent, ce résultat fait consensus.

Le mathématicien considère que la mesure du Q.I. s’avère utile pour les adultes HPI. Elle offre l’avantage des les aider à expliquer un éventuel sentiment de décalage. Il estime que l’évaluation de l’intelligence permet de se faire « une idée plus précise du fonctionnement mental ». Ainsi, en identifiant ses points forts, mais aussi ses points faibles, l’individu dispose d’éléments pour développer des stratégies d’adaptation. Si le besoin s’en fait ressentir, évidemment.

Pour rappel, Nicolas Gauvrit animera une conférence sur la mesure de l’intelligence le 3 octobre 2019, à Strasbourg (Lire sur La Revue du Zèbre).

4 thoughts on “Nicolas Gauvrit dénonce le « juteux commerce de l’intelligence » autour des HPI

  1. bonsoir
    «  »Le mathématicien considère que la mesure du Q.I. s’avère utile pour les adultes HPI. Elle offre l’avantage des les aider à expliquer un éventuel sentiment de décalage. Il estime que l’évaluation de l’intelligence permet de se faire « une idée plus précise du fonctionnement mental ». Ainsi, en identifiant ses points forts, mais aussi ses points faibles, l’individu dispose d’éléments pour développer des stratégies d’adaptation. Si le besoin s’en fait ressentir, évidemment. » »
    merci pour l »article très intéressant

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