Parcours professionnel des surdoués

Le parcours professionnel des surdoués : « atypique », « hasardeux » et souvent « facile » (1/2)

Adultes Travail

Le parcours professionnel des surdoués est rarement linéaire. Nous avons recueilli beaucoup de témoignages sur le sujet. Il en ressort principalement que les hauts potentiels intellectuels suivent des carrières variées, atypiques et parfois hasardeuses. Mais, souvent, ils n’ont pas beaucoup d’efforts à faire. 

Parcours professionnel des surdoués
Difficile pour les surdoués que nous avons interrogés de se limiter à une seule activité pour toute la carrière professionnelle (Photo : Matthew Henry from Burst)

Quand nous avons publié un appel à témoignages sur le parcours professionnel des surdoués, nous ne nous attendions pas à un tel succès. Nous avons reçu des dizaines de réponses. Toutes très complètes et souvent détaillées. D’ailleurs, près de deux mois plus tard, nous continuons à recevoir des messages sur ce sujet.

C’est un fait : la relation des hauts potentiels intellectuels (HPI) au travail n’est pas simple. Pour certains tout se passe bien. Pour d’autres, après un départ de carrière compliqué, le succès est au rendez-vous. Il y a également ceux qui galèrent vraiment à s’insérer professionnellement. Mais, globalement, les témoignages recueillis démontrent que le parcours professionnel des surdoués est rarement linéaire.

Le cas d’Aglaé en est emblématique. Après l’obtention d’un bac littéraire et un début d’études en arts du spectacle, elle s’oriente vers un cursus hôtelier pour devenir réceptionniste. Elle entame une carrière dans un hôtel, mais se sent « très vite lassée ». C’est alors qu’elle découvre les Compagnons du devoir. Séduite par les métiers liés au tissu et au cuir, Aglaé démarche 180 tapissiers à travers la France. Parmi eux, un accepte de l’intégrer pour un essai. Celui-ci s’avère concluant. La jeune femme alors âgée de 23 ans déménage à Paris et y entame un apprentissage en alternance.

Aglaé : parcours « hasardeux » mais sans difficulté

A l’issue de cette période de formation, son patron, satisfait par son travail, propose de l’engager en CDI. Mais Aglaé refuse. Elle préfère poursuivre son apprentissage et se tourne vers un nouveau cursus en alternance. Cette fois, elle apprend la couture et s’exerce comme costumière au sein de l’opéra Garnier, à Paris. Pourtant, si le prestigieux établissement l’invite à poursuivre leur collaboration, Aglaé préfère rester à son compte et travailler à domicile.

Elle connaît alors une période difficile après une rupture. S’ensuit une année sabbatique « pour [se] remettre en question ». Puis, en 2017, elle décide d’ouvrir son atelier de couture, chez elle, à Saint-Malo.

Aglaé reconnaît que son parcours professionnel est atypique. « Il était hasardeux mais je n’ai pas le ressenti aujourd’hui d’avoir fait beaucoup d’efforts, d’avoir connu des difficultés autres que celle de la recherche d’emploi et de faire face à certains doutes ponctuels », analyse-t-elle.

Parcours professionnel des surdoués : « facile » pour Frédéric

Frédéric qui a récemment appris qu’il est surdoué, partage cette impression. Il assure que, dans sa vie professionnelle, « tout [lui] a quasiment toujours semblé facile ».

Il dirige actuellement une PME française « à la pointe dans son domaine : la métrologie ». Avant cela, il a passé un MBA et connu diverses expériences à l’étranger. Il a notamment travaillé comme ingénieur Telecom dans une grande entreprise en Suisse. Mais aussi occupé un poste similaire dans un important groupe en Belgique.

Un autre témoignage confirme ce tropisme pour les pays étrangers. Il est l’oeuvre d’une lectrice docteure en médecine vétérinaire, spécialisée en gestion de la faune sauvage, qui a exercé pendant plusieurs années au dans divers pays sur plusieurs continents.

Aventure et besoin d’une « vie plus classique »

Pourtant « après plusieurs années de cette vie hors norme, j’ai progressivement ressenti l’envie de retrouver une vie plus classique », raconte-t-elle. Alors, en 2006, elle rentre en Europe. Dans un même temps, elle quitte son compagnon rencontré et rejoint ses parents désormais en France.

Là, « sur un coup de tête », elle s’inscrit à une formation d’un an en photographie. C’est l’une de ses passions. Un cursus qu’elle qualifie d’« atypique » et qui la conduit à nouveau à l’étranger pour un voyage d’étude. Son diplôme en poche, elle se lance dans une carrière de photographe professionnelle. Mais « la réalité [l’a] vite rattrapée ». Elle se rend compte qu’elle n’a « aucun goût » pour le commerce et ne s’épanouit pas dans la pratique de la photographie sociale. Au bout de quelques mois, elle abandonne.

Débute alors une période de questionnement existentiel avec, notamment, la découverte de sa douance. Elle enchaîne des « petits boulots »  sur des postes qui « ne demandent pas une grande expertise mais qui payent très bien », précise-t-elle. Mais tout cela ne reste que temporaire. Elle décide à nouveau de retourner sur les bancs de l’école pour une licence dans le domaine agricole.

Elle opère aujourd’hui dans ce secteur « avec des hauts et des bas », précise-t-elle. Elle y enchaîne les missions en CDD entre lesquelles peuvent parfois s’écouler plusieurs mois. Ce qui lui permet notamment d’avoir le temps de développer une activité d’artiste photographe. Avec un rêve d’un jour publier un livre de textes et d’image qui lui permette « à la fois d’exprimer [son] côté rationnel et [sa] sensibilité artistique. »

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1 thought on “Le parcours professionnel des surdoués : « atypique », « hasardeux » et souvent « facile » (1/2)

  1. Après une scolarité ennuyeuse, un BEP sanitaire et Social qui m’a très vite lassé, un concours d’entrée loupé dans la panique de l’épreuve, un CAP artisanal théorique eu avec 1 an d’avance mais l’épreuve pratique eu péniblement dans la panique de l’examen avec 1 an de retard, j’ai fini par écrire et éditer un livre technique, super bien vendu, décrocher un super boulot de formatrice pour des bac + 10 et en parallèle me mettre à mon compte. Anti horaire pendant des décennies, je suis toujours dans des horaires hors normes mais ça me convient !!! complètement passionnée et en perpétuelle recherche d’apprentissage artisanale et artistique, oui un peu atypique pour moi aussi le parcours !!!! mais génial car vivant !!!

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