Femmes surdouées

Le journal Marie Claire se demande comment reconnaître les femmes surdouées

Adultes

Le journal féminin Marie Claire interroge la psychanalyste Monique de Kermadec sur les femmes surdouées. Un article qui aborde la questions des spécificités des femmes HPI par rapport aux hommes HPI.

Femmes surdouées
Les femmes surdouées sont-elles réellement si différentes des hommes surdoués ? (Photo by Josh Riemer on Unsplash)

Vendredi 18 octobre 2019, Marie Claire a publié un article intitulé « Reconnaître une femme surdouée ». Il débute par une sorte de portrait-type : « elle est brillante, passionnée, mais craint d’être « démasquée », car elle ne se trouve jamais assez performante »… Il faut bien accrocher le lecteur !

Cet article sur les femmes surdouées est, en réalité, un entretien avec Monique de Kermadec, « psychanalyste spécialisée dans les questions de précocité intellectuelle. » Elle a récemment publié La femme surdouée aux éditions Albin Michel. Selon elle, les femmes à haut potentiel intellectuel (HPI) ne le vivraient pas comme les hommes. Monique de Kermadec considère, en effet, que cette « différence » n’est pas socialement perçue de la même façon selon qu’elle est portée par une femme ou par un homme.

Une intelligence spécifique pour les femmes surdouées ?

Dans l’interview, la psychanalyste explique que « quand on parle d’intelligence féminine, on pense tout de suite à la sensibilité, à l’empathie, à une capacité de compassion pour l’autre ou à l’intuition. » Elle assure pourtant que de nombreuses études scientifiques démontrent qu’il n’existe pas de grandes différences de fonctionnement entre les cerveaux masculins et féminins. Les variations entre les « types » d’intelligence résulteraient plutôt de facteurs sociaux et environnementaux.

Monique de Kermadec affirme également que les femmes surdouées ont tendance à davantage en souffrir que les hommes. Elle précise néanmoins qu’ « il y a des surdoués, hommes ou femmes, qui ne souffrent pas ». Sans préciser toutefois quelle part représentent ces derniers. Là encore, ses propos perpétuent le mythe du HPI incompris et isolé avec sa douleur. D’après la psychanalyste, les femmes surdoués vont davantage chercher à s’adapter que les hommes. Elles auront ainsi plutôt tendance à adopter un « faux-self » et à s’écarter de leur réelle nature.

Arrive ensuite la question du « sentiment d’usurpatrice » qui, là aussi, toucherait davantage les femmes surdouées que les hommes. « Quand une femme est fine, intelligente, elle est particulièrement exigeante envers elle-même. Elle a beau être sur-diplômée, son exigence l’emmène à douter et à perdre confiance en elle », avance Monique de Kermadec. Rappelons quand même qu’être surdoué ne conduit pas forcément à suivre de longues études et à empiler les diplômes, contrairement à ce que laisse entendre cette citation. Par ailleurs, le manque d’estime de soi et le syndrome de l’imposteur touchent aussi des hommes surdoués. Et même des femmes et des hommes non HPI !

Les préjugés et la vie de couple

L’article poursuit avec l’évocation des préjugés sur les femmes surdouées. Elles seraient ainsi perçues comme « agressives » plutôt que « déterminées » et « arrogantes » au lieu de « confiantes ». Dans le couple, les femmes surdouées « investissement beaucoup dans la parole », observe la spécialiste. Ce qui peut créer une certaine frustration chez celles dont le conjoint s’exprime peu. Même topo pour le sexe. Les femmes surdouées sont très exigeantes face à leur vie conjugale, assure la psychanalyste. Par conséquent, elles ont tendance à pointer ce qui ne fonctionne pas correctement. Toutefois, « je constate que beaucoup de ces femmes font part d’intelligence émotionnelle, savent accorder à l’autre le bénéfice du doute, et l’aide à comprendre le fonctionnement d’une femme surdouée », nuance Monique de Kermadec.

Il est important de prendre en compte le fait que cette interview est publiée par un magazine féminin. On peut néanmoins s’interroger sur l’intérêt de distinguer les femmes surdouées des hommes surdoués. Sans nier les difficultés rencontrées par les femmes, en général, dans la société actuelle, il semble que les distinguer des hommes dans le traitement de la question du HPI participe justement à la transmission et à la consolidation de certains clichés. Particulièrement ceux sur « l’intelligence émotionnelle ». Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à nous donner votre avis sur le sujet en commentaires.

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