Carrière professionnelle des surdoués

La carrière professionnelle des surdoués : s’éparpiller pour mieux se concentrer (2/2)

Adultes Travail

Deuxième partie de notre article sur la carrière professionnelle des surdoués (Lire la première partie). Alessia et Coralie suivent des carrières sinueuses. Si elles semblent parfois s’éparpiller, c’est surtout pour mieux se concentrer et s’épanouir.

Carrière professionnelle des surdoués
Les surdoués que nous avons interrogés changent souvent de voie dans leur carrière professionnelle ( Photo : Matthew Henry from Burst)

Alessia a commencé à louvoyer dès l’université. Elle débute son cursus par deux années de psychologie, dont une au sein d’un institut privé et une autre à Paris-Descartes. Elle bifurque ensuite vers des études de Lettres modernes à l’institut Catholique de Paris. Alessia y passe deux années mais ne parvient pas à les valider. Alors, elle s’exile. A Londres.

Là-bas, elle rencontre des professeurs d’université, des cadres de grandes entreprises et assiste à de nombreuses conférences. Elle y accomplit une mission pour le compte de la division prospective et stratégique de L’Oréal. Le groupe lui demande de rendre compte de la place des femmes dans la société, mais aussi de la situation économique, politique et technologique en Grande-Bretagne. Mais la carrière professionnelle des surdoués est rarement un long fleuve tranquille…

Alessia, des Lettres Modernes aux théories scientifiques

De retour en France au bout d’un an, elle intègre l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP). Un cadre au sein duquel Alessia commence à s’épanouir. Si bien que, pendant 4 ans, elle y met en place des rencontres entre scientifiques, théologiens, philosophes et même des Prix Nobel. Un emploi « passionnant et extrêmement nourrissant », se souvient Alessia. Il lui permet, par ailleurs, de se sensibiliser avec les théories scientifiques et avec le monde de la recherche.

Pourtant, l’ennui pointe. Alors, une nouvelle fois, Alessia cherche un challenge. Elle le trouve dans la pratique du journalisme. Une activité qui l’amène à couvrir des séminaires et écrire pour l’Institut des cadres dirigeants (ICAD). Ses articles s’adressent à un public de managers. Là aussi, elle s’éclate. Les missions sont variées et lui permettent d’apprendre des choses. Surtout qu’en parallèle, elle corrige des manuscrits et rédige des résumés de livres pour le compte d’une maison d’édition.

Pigiste, blogueuse, formations en PNL et logothérapie…

Mais Alessia est pigiste. Et, beaucoup de journalistes vous le confirmeront : ce statut apporte beaucoup de liberté, mais permet difficilement de gagner suffisamment d’argent pour en vivre. Alors, elle retourne vers l’IUP où elle reste à nouveau 4 ans. Elle en repart en 2008 avec un contrat pour la traduction de l’anglais au français de 8 essais en philosophie des sciences. « C’est ainsi que j’ai débuté le travail en freelance que je n’ai plus jamais quitté », se félicite Alessia.

Par la suite, elle lance un blog spécialisé en psychologie, sociologie, philosophie et développement personnel. « J’avais besoin de sortir tout cela depuis longtemps », explique-t-elle. Puis, elle intègre l’équipe marketing d’un réseau d’épiceries bio. Elle y est salariée mais le supporte mal. Elle ne s’habitue pas à des horaires fixes et, surtout, à devoir suivre les directives d’une supérieure qu’elle considère comme peu légitime. Alors, elle parvient à négocier un an de télétravail. Mais l’expérience ne dure pas plus longtemps.

Alessia suit désormais une formation en programmation neuro-linguistique (PNL). Elle enchaînera ensuite sur une autre formation en logothérapie. « Si tout mon parcours peut sembler atypique, je crois en fait qu’il m’a menée là où je devais être », résume Alessia.

Coralie : besoin de challenges pour ne pas se lasser

Expérimenter pour mieux trouver. Voilà qui pourrait aussi résumer le parcours de Coralie. Après avoir obtenu un BTS en informatique par alternance et compris qu’elle n’est « pas faite pour passer le plus clair de [son] temps derrière un écran », elle aspire à une carrière plus créative. Elle se tourne ainsi vers une formation de décoratrice par correspondance.

A 23 ans, Coralie se lance. Elle crée son entreprise de décoration d’intérieure. Sans véritablement d’expérience, c’est un grand saut dans le vide pour elle. Son entourage est d’ailleurs déconcerté. Mais, Coralie sait retomber sur ses pieds. 7 ans, plus tard, elle est toujours indépendante et parvient à vivre de cette activité.

Pour autant, cela ne suffit pas à la jeune femme. « Mon hyperactivité et ma soif de challenges m’ont poussée vers d’autres horizons », prévient-elle. En parallèle, elle est en charge bénévolement de la communication nationale du premier réseau de décorateurs francophones. Mais elle a aussi récemment monté une start-up qui est actuellement la première communauté d’architectes, décorateurs et professionnels du design en France. Un projet pour lequel elle dit s’être associé « à un profil similaire au [sien] ».

Pour Coralie, les jours se suivent mais ne se ressemblent absolument pas. « Je sors continuellement de ma zone de confort et adore relever tous ces challenges dont j’ai besoin pour ne pas me lasser », se félicite-t-elle. Elle estime n’être « efficace que dans la suractivité ».

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