Kmeo

Kmeo : « une plateforme pour améliorer des multipotentiels et des slasheurs »

Entretiens Interviews

Kmeo est une plateforme en ligne d’entraide pour multipotentiels et slasheurs. Elle propose des interviews, des articles, des podcasts et des formations. Entre autres… Julien De Lopez, l’un de ses cofondateurs, nous en dit plus dans l’entretien qui suit…

Kmeo
Capture d’écran du site Kmeo.fr (DR)

La Revue du Zèbre – Kmeo se présente comme une « plateforme d’entraide pour multipotentiels et slasheurs« . Que signifient ces deux termes ?

Julien De Lopez : Nous parlons de profil multipotentiel pour parler des personnes intéressées par de très nombreux domaines, qui ont des facilités et une passion pour l’apprentissage et la connaissance. Ainsi, elles ont bien souvent en commun : une pensée en arborescence (ou divergente), un enthousiasme débordant et une grande détermination, une curiosité insatiable et une soif d’apprendre. Le terme slasheur est rentré dans le dictionnaire en 2020. Il désigne une personne qui exerce plusieurs métiers à la fois (par envie et parfois par besoin).

Si l’un est un mode de fonctionnement (multipotentiel), l’autre est un style de vie (slashing). Mais, très souvent, des personnes au profil multipotentiel s’oriente vers un style de vie de cumul d’activités. Ce qui nourrit leur sentiment de liberté ou d’autonomie. Inversement, certains slasheurs ne sont pas nécessairement des multipotentiels. Mais des personnes qui ont fait le choix d’entreprendre ou d’avoir plusieurs employeurs. Avec l’idée de ne pas mettre tout leurs œufs dans le même panier.

La Revue du Zèbre – Comment fonctionne la plateforme ?

J.D.L. : Le partage est au centre du projet Kmeo. Dès le début, nous souhaitions que chacun puisse partager et transmettre ses outils, ses pensées, ses découvertes et ses talents pour améliorer le quotidien des autres multipotentiels et slasheurs. C’est pour cela que nous avons commencé par des interviews. Pour que les auditeurs puissent s’inspirer et s’approprier ce qui marche pour les autres. À la base, nous étions trois à avoir démarré Kmeo. Aujourd’hui, nous collaborons sur différents projets avec de nombreuses personnes qui font partie de notre communauté.

Kmeo, Kméléon, cameo…

La Revue du Zèbre – Que signifie son nom, Kmeo ?

J.DL. : Kmeo a trois significations :

– K… méléon ! L’animal qui s’adapte à l’environnement dans lequel il se trouve

– K… méoooooow : le chat avec sa curiosité insatiable et pour le mythe de ses 9 vies. Mythe qui nous rappelle qu’il n’est pas impossible de vivre plusieurs vies en une seule.

– K… meo ou plutôt cameo qui désigne toute apparition d’une personne dans une œuvre où l’on ne s’attendrait pas à la voir.

La Revue du Zèbre – Quels types de contenu trouve-t-on sur Kmeo ?

J.D.L. : Vous trouverez sur Kmeo une multitude de ressources créées par et pour des personnes au profil multipotentiel ou slasheur. Des articles, podcasts, ebook, parcours d’accompagnement, formations… Et surtout toute une communauté en ligne de personnes multipotentielles et/ou slasheuses avec qui nous nous retrouvons régulièrement lors de visioconférence et pour échanger sur notre forum.

La Revue du Zèbre – Quel est le modèle économique de la plateforme ?

J.D.L. : La majorité des ressources sont gratuites. Mais, pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, nous proposons tout un parcours d’accompagnement adapté aussi bien au profil multipotentiel qu’aux personnes qui n’ont pas été convaincues par les outils classiques tels que les bilans de compétences. Nous proposons également un ouvrage et plusieurs formations avancées sur des sujets comme l’orientation, l’organisation, la communication, le bien-être… Enfin, nous aidons les entreprises dans le recrutement de personnes au profil atypique, leur intégration au sein des équipes et le management.

Prise de conscience

La Revue du Zèbre – Quel regard portez-vous sur la médiatisation actuelle du sujet du haut potentiel intellectuel ?

J.D.L. : Avec la série HPI diffusée sur TF1 qui a interpellé beaucoup d’entre nous. Cela amène à une certaine prise de conscience que certaines personnes peuvent avoir un fonctionnement différent de la norme et qu’elles ont beaucoup à apporter. Si cette médiatisation peut amener des réponses à des personnes qui se sont senties incomprises et différentes pendant des années, c’est une bonne chose.

Cependant, il faut faire attention à ne pas tomber dans le piège de chercher à tout prix à rentrer dans une case pour expliquer sa différence. Ou les difficultés que l’on peut rencontrer et que cela amène à se marginaliser. C’est le cas avec certains parents qui, à la moindre interrogation, se tournent vers les tests de QI pour expliquer un comportement en cherchant à déceler un éventuel haut potentiel chez leur enfant.

Il y a une notion de fantasme, de projection de ce que l’on souhaite sur ses propres enfants. Ou d’évitement du réel problème. Comme pour les adultes, cette question du QI, que beaucoup espèrent plus élevé que la moyenne, était la solution à tous les problèmes scolaires, professionnels, comportementaux.

Parfois, c’est bien autre chose et c’est l’arbre qui cache la forêt.

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