Ema Perey

[Interview] Ema Perey : « Le sujet du haut potentiel est l’une des clés de ce XXIe siècle »

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Ema Perey continue de proposer son spectacle « Itinéraire d’une surdouée ». Elle sera ainsi en représentation à Marseille, au théâtre de l’Oeuvre, le 13 mars 2020. Avant de jouer à Bordeaux le 15 mai et à Nantes le 19 septembre 2020. En attendant ces dates, la comédienne répond aux questions de La Revue du Zèbre.

Ema Perey
Ema Perey (DR)

La Revue du Zèbre – Vous avez découvert votre haut potentiel à l’âge adulte. Qu’est-ce que le fait de pouvoir nommer cette « particularité » vous a alors apporté ?

Ema Perey :  C’est une clé essentielle pour tout surdoué. Cela m’a permis de confirmer que mes intuitions étaient justes. De me connaître et comprendre les autres. J’ai ainsi pu retrouver ma voie et me réaliser. J’ai aussi pu comprendre l’histoire de mon père avec qui j’ai eu une relation père/fille magnifique. Lui n’a jamais été identifié et est décédé tôt. Enfin, j’ai pu comprendre aussi pour mes enfants. Mon éducation en a été complètement modifiée. Je leur demandais une adaptation que je m’étais infligée. Je leur ai demandé pardon. Mais, je croyais bien faire.

La Revue du Zèbre –  Vous avez connu une carrière dans l’enseignement. Avec du recul, de quelle manière votre haut potentiel s’est-il exprimé dans le cadre de ce métier ?

Ema Perey : Je me suis sentie en décalage permanent avec les adultes. Que ce soit les parents, les collègues ou la hiérarchie (à part quelques exceptions avec qui je suis toujours en lien et qui sont soit surdouées soit sensibles). Mon haut-potentiel s’est plus exprimé avec les enfants avec qui j’ai eu de beaux moments. Les enfants sont curieux, spontanés et créatifs.

De l’enseignement au théâtre

La Revue du Zèbre –  Quelle est votre  parcours de comédienne ?

Ema Perey : J’ai commencé le théâtre à l’âge de 25 ans avec un metteur en scène. Puis j’ai pris des cours hebdomadaires à la Comédie de Saint-Etienne et intégré une troupe amateur. J’ai également suivi des stages aux cours Florent.

Et lorsque j’ai su que j’étais une haut-potentiel, j’ai enfin osé. Je me suis alors formée au Studio Alain de Bock, à Paris, pendant deux ans. J’ai aussi pris des cours d’écriture avec Benoît Saurat et d’interprétation pour les textes que j’écrivais avec Daniel Lucarini et Fred Lelaure. Et puis est venue l’idée d’écrire ce spectacle.

Aujourd’hui, je cherche à monter un deuxième spectacle que j’ai écrit. Il s’intitule « De la faim du monde à l’amour inconditionnel ». Je me réjouis du changement de paradigme en cours dans ce monde. Quelque chose qui dépasse l’homme s’impose à lui et nous allons tendre vers un monde qui correspond à la vision des atypiques.

La Revue du Zèbre – Qu’est-ce qui vous a conduit à mettre le haut potentiel sur le devant de la scène ?

Ema Perey : Je voulais que l’histoire de mon père et la mienne soient utiles à ce monde. Nous méritons tout ce qui nous arrive et nous pouvons ne pas subir et en faire quelque chose de beau. Enfin, j’ai tout de suite perçu que le sujet du haut-potentiel était une des clés de ce XXIe siècle et j’ai souhaité avec ce premier spectacle apporter ma vision du monde.

La Revue du Zèbre – Quel message souhaitez-vous porter avec « Itinéraire d’une surdouée » ?

Ema Perey : Il s’adresse aux personnes concernées et tous ceux en lien avec ces personnes : les familles, le milieu éducatif, le milieu des soignants, le milieu de l’entreprise….Cela signifie qu’énormément de personnes peuvent s’intéresser à ce sujet.

Le message que je passe est que nous pouvons oser vivre pleinement : c’est notre droit et notre responsabilité pour un monde apaisé.

Ema Perey, seule en scène

La Revue du Zèbre – Dans ce spectacle, vous vous exprimez sur des sujets intimes avec beaucoup d’humour. Est-ce un moyen de dédramatiser ou d’obtenir un angle d’attaque sur lequel vous vous sentez à l’aise pour partager des sentiments personnels ?

Ema Perey : C’est parce que j’en ris moi-même!

La Revue du Zèbre – Vous êtes seule en scène pendant le spectacle. Pour de nombreuses personnes, cela pourrait sembler effrayant. Comment vivez-vous cette situation ? Est-ce aussi, pour vous, un moyen de développer votre confiance et votre estime de soi ?

Ema Perey : J’aime œuvrer seule. J’aime m’ouvrir au monde et écouter ce qu’il a à me dire. Bien sûr, on ne fait jamais les choses seule et je remercie toutes les personnes qui me font confiance et qui entrent en connexion avec ce que je propose. C’est aussi , un de mes objectifs: créer autour du spectacle la possibilité de rencontres , de synergies entre atypiques pour déployer nos ailes.

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