France Bleu : une chronique sur le haut potentiel intellectuel pleine de généralités

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Retour sur une chronique sur le haut potentiel diffusée par France Bleu Sud-Lorraine le 31 janvier 2020. Elle est l’oeuvre du docteur Jean-Jacques Erbstein, intervenant régulier pour la station de radio. Bon, il n’est pas spécialiste du sujet, c’est un médecin généraliste. Et on va dire que ça s’entend un peu…

Chronique sur le haut potentiel intellectuel
Capture d’écran du site Internet de France Bleu Meurthe-et-Moselle

Vendredi 31 janvier 2020, France Bleu Sud-Lorraine a diffusé une chronique sur le haut potentiel intellectuel (HPI) Elle s’intitule « C’est quoi un surdoué ? ». Passons sur la formulation et la syntaxe approximatives et apprécions plutôt la curiosité de la station de radio. Et pour y répondre, France Bleu fait appel au docteur Jean-Jacques Erbstein, un médecin… généraliste ! Et, ça tombe plutôt bien, car des généralités, il va en empiler façon Kapla en deux minutes !

Il entre d’ailleurs directement dans le vif du sujet en qualifiant le HPI de « un sujet à la mode ». Sans toutefois préciser ce qu’il entend par là. En revanche, il n’oublie pas de convoquer le fameux mythe des « parents [qui] hurlent, à qui voudra l’entendre, que leur enfant est surdoué ». C’est marrant car l’auteur de ces lignes fréquentent quelques parents. Parmi eux, certains ont justement des enfants surdoués. Mais jamais aucun ne l’a hurlé à qui que ce soit… Si, parmi les lecteurs, certains peuvent nous fournir des exemples, nous serions ravis d’en prendre connaissance !

Bref, revenons à notre docteur généraliste. Pour nous achever, dès l’introduction, il rappelle que pour certains parents « la douance de leur enfant [est] souvent une belle excuse en cas d’échec scolaire ou comportement caractériel ». C’est vrai que quand un élève échoue à l’école, le premier réflexe, c’est de lui trouver des excuses et non d’essayer de l’aider à faire mieux… Bande de parents ingrats !

Stéréotypes et profils-types de HPI

Bon, maintenant que les présentations sont faites, et comme nous ne sommes pas du genre à nous formaliser pour quelques clichés, intéressons-nous à la suite de la chronique sur le haut potentiel intellectuel. Son auteur s’y attaque à deux stéréotypes qui, selon lui, caractérisent les enfants intellectuellement précoces (EIP). Il s’agit, tout d’abord, de « l’enfant à lunettes, premier de la classe, qui a réponse à tout, et saute des classes »… Quant au deuxième « profil type », il s’agirait du jeune « malheureux, en échec scolaire car pas à sa place ». Deux descriptions qui peuvent aussi s’appliquer aux adultes, précise le docteur Erbstein.

Dans sa chronique sur le haut potentiel intellectuel, il rappelle que « la réalité n’est pas si simple ». Et – c’est d’ailleurs là la remarque la plus juste de son intervention – il existe même autant de profils différents que d’individus. Ainsi, selon le docteur, les HPI sont rarement des « bêtes de concours » et « beaucoup sont nuls en classe ». Il ajoute que « l’intelligence n’est pas quantitativement supérieure mais juste qualitativement différente ». Une remarque qui devrait d’ailleurs faire grincer quelques dents chez les surdoués vaniteux.

Confondre la douance avec la schizophrénie ?

Jean-Jacques Erbstein enchaîne avec une remarque étonnante dans sa chronique sur le haut potentiel intellectuel. Il assure ainsi qu’un individu HPI « peut être psychologiquement confondu avec un schizophrène s’il est en souffrance, ou non reconnu ». Il ne donne aucune précision sur la validité scientifique de cela, mais évoque certains signes. Comme le repli sur soi, la paranoïa, des pensées désorganisées et des problèmes de concentration.

La chronique sur le haut potentiel intellectuel présente enfin les « deux formes de zèbres ». Il s’agit, en réalité des profils laminaires et complexes, dont nous avons déjà parlé ici à plusieurs reprises (Lire ici et ). En résumé, le HPI laminaire est plus homogène et le complexe hétérogène dans ses résultats au test de Q.I..

Après quoi, le docteur Erbstein nous assène une dernière généralité, encore une fois, plutôt étonnante. En conclusion de sa chronique sur le haut potentiel, il affirme ainsi : « Attention, un enfant dit précoce ne devient pas systématiquement un adulte surdoué. Il peut juste être un temps en avance sur son âge, sur les autres, et ensuite retrouver une « normalité » ». Voilà voilà…

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