Europe 1 nuance 4 idées reçues sur les enfants précoces

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Il existe pas mal d’idées reçues sur les enfants précoces. A la suite de l’émission « Le tour de la question » consacrée jeudi 30 mai 2019 à la douance, Europe 1 publie un article sur le sujet sur son site Internet. Il revient sur quatre préjugés que le pédopsychiatre Gabriel Wahl décrypte et nuance.

Les idées reçues sur les enfants précoces
Dans son émission « Le tour de la question » sur Europe 1, Wendy Bouchard a abordé la question de la douance jeudi 30 mai 2019 (Photo : Europe 1)

L’émission « Le tour de la question » sur Europe 1 a consacré une heure aux surdoués, jeudi 30 mai 2019. Pour ceux qui ont manqué ce numéro, il est possible de le réécouter en podcast ou de consulter des extraits sur le site de la station de radio.

L’émission était intitulée « Précoces, surdoués : Comment les repérer ? ». Pour l’occasion, Wendy Bouchard, la présentatrice, avait invité Gabriel Wahl, pédopsychiatre et ancien professeur de psychologie à Paris VII. Il est notamment l’auteur de « Les adultes surdoués » et « Les enfants intellectuellement précoces » publiés aux Presse Universitaires de France (PUF).

« Un élève brillant est statistiquement plutôt surdoué »

Pendant une heure, ils ont parlé ensemble et avec quatre témoins de la douance chez les enfants comme chez les adultes. L’occasion d’aborder plusieurs sujets comme l’hypersensibilité, l’émotivité, la réussite ou l’échec scolaire des jeunes hauts potentiels (HP). Mais aussi les personnalités potentiellement singulières et le rapport au monde parfois atypique que développent certains surdoués.

A l’issue de l’émission, Europe 1 a publié sur son site Internet un article qui présente et démystifie quatre idées reçues sur les enfants précoces. La première concerne le niveau scolaire des jeunes HP. D’après Gabriel Wahl, la réussite ou l’échec d’un élève à l’école ne sont en rien liés à une éventuelle précocité intellectuelle. Même si le pédopsychiatre précise qu’ « un élève brillant est statistiquement plutôt surdoué ».

Gabriel Wahl explique également qu’il n’est pas forcément indispensable de faire passer un test de QI à son enfant. Il rappelle d’ailleurs que beaucoup d’enfants surdoués n’en passent pas. Ce qui ne les empêche pas de suivre des études et de s’épanouir dans leur vie personnelle, amicale, affective et professionnelle. En réalité, « on fait passer un test lorsqu’un enfant est en difficulté, soit sur le plan de la personnalité soit sur le plan scolaire », indique le pédopsychiatre. Pas la peine donc de se précipiter pour connaître le « score » de son enfant si la situation ne le nécessite pas.

« La grande majorité des enfants précoces ne souffre pas »

Parmi les idées reçues sur les enfants précoces, l’article d’Europe 1 traite également de leurs supposées difficultés relationnelles. Caroline, une auditrice qui témoigne dans « Le tour de la question » raconte que sa fille aînée avait beaucoup de mal à nouer des liens et à échanger avec les autres enfants de son âge. En avance dans ses apprentissages, elle semblait beaucoup plus à l’aise avec les adultes. C’est ce qui a conduit sa mère à la faire diagnostiquer. La jeune fille était bien HP. Avertis, ses enseignants ont alors pu adapter la prise en charge pour mieux l’accompagner.

Pour autant, « la grande majorité des enfants précoces ne souffre pas », commente Gabriel Wahl. Et l’auditrice peut, elle-même, en témoigner puisque son deuxième enfant lui aussi surdoué se montre très sociable. Précocité intellectuelle ne rime pas forcément avec souffrance et isolement chez les enfants. Le spécialiste ajoute qu’il n’est pas non plus obligatoire de faire sauter des classes aux enfants HP. Cela s’avère nécessaire quand ils s’ennuient en classe. Mais, pour certains, il sera plus important de nouer des relations amicales avec des jeunes de leur âge. « Il faut donc mesurer tous les paramètres », assure le spécialiste.

Dyssinchrone plutôt qu’hypersensible

Il revient également sur l’idée selon laquelle une hypersensibilité serait très généralement associée à un haut potentiel. Selon Gabriel Wahl, aucune étude scientifique ne le démontre. Il parle plutôt de « dyssinchronie », un décalage entre les sensations et l’expression d’un enfant précoce et celles d’un enfant non-précoce. Cette « dyssinchronie » peut donner l’impression d’une hypersensibilité chez le jeune HP car il est capable de « percevoir des éléments douloureux de l’existence (…) avec une affectivité qui n’est pas celle de son âge », détaille le pédopsychiatre.

En cause également d’après lui, le manque d’estime de soi et une certaine maladresse, un décalage, qui peuvent faire passer l’enfant précoce pour vaniteux. Alors, qu’en réalité, il est souvent juste très curieux. Ce qui amène Gabriel Wahl à conclure qu’ « il faut garder une certaine bienveillance à l’égard de ces enfants ».

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