Enzo De La Guerra

[Entretien] Enzo De La Guerra : « Finalement, qu’est-ce qu’une personne typique ? »

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Enzo De La Guerra est photographe professionnel. Il se définit lui-même comme un individu « atypique ». Une thématique qu’il met en scène dans son travail artistique. Elle sera d’ailleurs au cœur de son exposition « Moi, Zèbre », du 26 février au 20 mars 2020, à Mulhouse.

Enzo De La Guerra
« Moi Zèbre », l’exposition d’Enzo De La Guerra, sera visible à Mulhouse du 26 février au 20 mars 2020 (DR : Enzo De La Guerra)

La Revue du Zèbre – Vous êtes un jeune photographe professionnel, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Enzo De La Guerra : J’ai commencé la photographie il y a 10 ans, lors d’un voyage avec mes parents. Mon père avec un appareil pro et moi le petit appareil photo familial. Il avait proposé un concours de celui qui ferait les meilleurs photos, et en cherchant des moyens de le surpasser, j’ai pris goût à cela. J’ai eu mon propre appareil photo par la suite, et j’ai commencé a développer mon esprit artistique petit à petit. J’ai obtenu un BEP photographie il y a 3 ans, pour pouvoir me mettre à mon compte en tant qu’artiste.

La Revue du Zèbre – Du 25 février au 20 mars 2020, vous proposez l’exposition « Moi, Zèbre » à la cour des Chaînes à Mulhouse. En quoi consiste-t-elle ?

Enzo De La Guerra : C’est une série de portraits en noir et blanc qui met en scène un individu/personnage zébré. L’exposition a pour volonté de sensibiliser à la question de la normalité dans la société. De la souffrance que peuvent engendrer les étiquettes. Mais aussi d’amener à la réflexion et d’interroger la tolérance de chacun avec soi-même et à l’égard des autres. L’ensemble des œuvres raconte l’histoire de ce personnage qui se sent différent des autres, et dont la personnalité est définit comme atypique. Car finalement, qu’est ce qu’une personne typique ?

« Plus de questions que de réponses »

La Revue du Zèbre – Pour quelles raisons vous intéressez-vous aux profils dits « atypiques » et plus particulièrement aux surdoués dans votre travail de photographe ?

Enzo De La Guerra : Tout d’abord parce que je fais partie de ces profils dits “atypiques”. J’ai été diagnostiqué a mes 18 ans, et je me souviens être reparti avec plus de questions que de réponses. Ensuite ma femme était en train de faire les test, ce qui m’a inspiré. enfin je voulais que les personnes “typiques” puissent connaître l’existence des “atypiques”, voir ce qu’ils vivent.

Enzo De La Guerra

La Revue du Zèbre – Selon vous, en quoi l’art de la photographie peut-il apporter un regard original sur le haut potentiel intellectuel ?

Enzo De La Guerra : Je pense que la photographie est le meilleur exemple de “une image vaut mille mots”. De plus, comment peut on se rendre compte que signifie le mot “atypique” juste en le lisant sur une feuille ? Les images parlent directement, ils montrent des actes, des idées. En me documentant sur la haut potentialité, j’ai trouvé beaucoup de témoignage ou d’écrit à ce sujet, mais très peu voir jamais d’oeuvres photographiques.

Une exposition et des interventions en milieu scolaire

La Revue du Zèbre – Vous avez lancé une campagne de financement participatif pour votre exposition. A quoi serviront les fonds récoltés ?

Enzo De La Guerra : La campagne de financement participatif pour le projet d’exposition “Moi, Zèbre”, c’est d’abord une manière de faire connaître mon travail. Puis c’est aussi un moyen de rentrer dans mes frais. Notamment pour l’impression des œuvres pour le premier palier, la partie communication, salle et vernissage étant pris en charge par la mairie de Mulhouse. Le deuxième palier est destiné à l’exportation de l’exposition dans des collèges et lycées alentours. Je pourrai ainsi intervenir bénévolement dans les classes. Et y rencontrer des collégiens et lycéens et débattre autour de la différence et des questionnements soulevés par les photographies de l’exposition.

La Revue du Zèbre – Quel regard portez-vous sur la sensibilisation du corps enseignant sur la question des profils atypiques ?

Enzo De La Guerra : En intervenant dans les classes, j’espère avoir un impact autant pour les enseignants que pour les élèves. Ce qui m’intéresse dans mon travail, c’est d’aborder cette thématique avec un angle nouveau et un outil différent, celui de la création artistique. J’ai travaillé 10 ans dans l’animation. Et j’y ai fait la rencontre de jeunes enfants diagnostiqués “atypiques” (souvent des dysfonctionnements cognitifs) en souffrance. Les accepter comme ils sont et les accompagner sans jugement, c’est le meilleur cadeau qu’on puisse leur faire.

 

L’exposition « Moi, Zèbre » se tiendra du 26 février au 20 mars 2020, à la Cour des Chaînes à Mulhouse.

Découvrez le site professionnel d’Enzo De La Guerra

 

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