Cyberdépendance : 98 % de jeunes HPI parmi les accros aux jeux-vidéos ?

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Selon Michaël Stora, psychologue spécialisé dans les jeux-vidéos, 98 % des jeunes touchés par la cyberdépendance présenteraient un profil de HPI.

Cyberdépendance
Photo by Tomáš Hustoles from Burst

Michaël Stora est psychologue. Ancien cinéaste, il a embrassé une nouvelle carrière à la fin des années 1990. Et il a cofondé l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines (OMNSH) en 2000. Travaillant sur la question du rapport des enfants aux jeux-vidéos, il a notamment été consultant pour SEGA, Microsoft, Electronic Art, Activision ou encore Ubisoft. Du coup, Michaël Stora semble connaître son sujet.

Et, dans un article publié le 29 janvier 2021 par Euronews, le psychologue annonce que 98 % des jeunes qui souffrent de cyberdépendance ont « un QI élevé et un profil à haut potentiel intellectuel » (HPI). Il précise que ces caractéristiques se trouvent souvent associées à des phobies sociales et scolaires ou à des troubles autistiques. Ce taux semble étonnant. Encore faut-il savoir ce que signifie réellement ce terme de « cyberdépendance ».

La cyberdépendance comme atout

Michaël Stora le définit, dans ce même article, comme le fait de, petit à petit, éliminer toutes les activités autres que celles qui se pratiquent virtuellement. « Le jeu [devient] plus important que d’autres occupations sociales : le lien virtuel l’emporte sur le lien au monde réel », précise le spécialiste. Il ajoute que, « au bout de six mois, si la personne n’arrive pas à se sortir de ce mode de fonctionnement-là, on peut véritablement poser le diagnostic de cyberdépendance. »

Le psychologue n’indique pas par quel méthodologie, il obtient ce taux de 98 % de jeunes HPI parmi la population cyberdépendante. Mais, selon lui, « ces jeunes lorsqu’ils sont confrontés à un échec, s’effondrent ». Dès lors, « le jeu-vidéo va devenir une sorte d’antidépresseur interactif », précise Michaël Stora. Mais pourquoi les HPI plus que d’autres ? « Le jeu-vidéo leur permettra de redevenir des héros – mais – virtuels (…) et étant donné qu’ils sont très bons, ils ont des victoires, mais des victoires rapides à l’inverse du monde réel où souvent (…) il faut persévérer », avance Michaël Stora.

Pour autant, il ne considère pas la cyberdépendance comme une faiblesse. Au contraire. Elle peut même devenir un atout. Une conviction qu’il applique avec l’Ecole des Héros. Cet établissement vise à former des jeunes en situation de cyberdépendance aux métiers de la création de jeux-vidéos.

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