Autorité : le haut potentiel intellectuel rend-il forcément rebelle ?

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En prenant le personnage de Morgane Alvaro dans la série HPI, Philosophie Magazine se demande si les individus à haut potentiel intellectuel sont forcément réfractaires à l’autorité…

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Philosophie Magazine s’interroge sur la capacité des personnes intelligentes à se soumettre à l’autorité (Photo by James Edwards on Unsplash)

Les individus à haut potentiel intellectuel (HPI) sont-ils tous de dangereux rebelles qui repoussent, par principe, toute notion d’autorité. La question peut sembler légèrement caricaturale. Mais, c’est pourtant celle que se pose Philosophie Magazine dans un article publié le 28 décembre 2021 sur son site Internet.

« Être intelligent rend-il réfractaire à l’autorité ? » C’est en ces termes que la publication spécialisée se questionne. On pourrait déjà lui objecter que dans « haut potentiel intellectuel » on trouve « potentiel ». Et ce potentiel ne s’exprime pas forcément. Donc, on en déduit que les HPI ne sont pas tous forcément intelligents. Mais on se torture peut-être un peu trop l’esprit…

Entre rébellion et soumission

Philosophie Magazine se base sur l’image du HPI véhiculée par la série du même nom. Le personnage principal de cette fiction se nomme Morgane Alvaro. C’est Audrey Fleurot qui l’interprète. Elle est une mère de famille qui élève seule trois enfants et témoigne d’un quotient intellectuel (Q.I.) très élevé. Alors qu’elle officie en tant que femme de ménage, la police judiciaire la remarque et l’enrôle. Mais, on se rend rapidement compte qu’aussi brillante soit-elle, elle rejette aussi toute forme d’autorité.

Alors, ce trait de caractère est-il comment à tous les gens intelligents ? Non, pas forcément à en croire Anaxagore, philosophe grec de l’Antiquité. Philosophie Magazine rappelle que, selon lui, l’intelligence passe obligatoirement par une soumissions au « noûs ». Il s’agit d’un principe rationnel qui régit le « Cosmos ». Par conséquent et par nature, l’individu intelligent se conforme naturellement au principe d’organisation du monde. Mais celui-ci relève plus de la transcendance que de la simple autorité.

L’adaptation de l’intelligence face à l’autorité

Philosophie Magazine cite ensuite l’exemple de la célèbre expérience de Stanley Milgram. En 1963, le psychologue a démontré que des personnes pouvaient aller jusqu’à tuer leurs semblables si on leur en donnait l’ordre explicite. Si les résultats de cette expérience restent encore soumis à controverse, ils semblent néanmoins démontrer une tendance universelle à la soumission à l’autorité. Même pour les individus HPI. Même en exprimant son désaccord ou en adoptant des comportements en décalage avec les attentes de ses collègues, l’héroïne de la série doit malgré tout se conformer un minimum au cadre que lui impose son rôle dans la police.

En fin de compte, l’intelligence réside peut-être simplement dans la capacité à composer avec ces contradictions. Pratique, elle consisterait alors en une sorte de faculté d’adaptation qui permettrait à l’individu intelligent de rester réfractaire à l’autorité tout en donnant l’impression de ne pas l’être. Ce qui le conduira alors probablement à développer le fameux syndrome de l’imposteur…

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