Ataraxia la Quête des Médiateurs : « mes personnages sont hypersensibles et empathiques »

Entretiens

Entretien avec Manikeo, auteur de roman, qui va bientôt sortir Ataraxia la Quête des Médiateurs. Il y met en scène des personnages appelés « médiateurs » à la fois hypersensibles et angoissés. Ils sont à la fois doués de passion et de raison…

Ataraxia la Quête des Médiateurs est le nouveau roman de Manikeo
Couverture et 4e de couverture d’Ataraxia la Quête des Médiateurs, le nouveau roman de Manikeo (DR)

La Revue du Zèbre – Votre livre, en cours d’édition, Ataraxia la Quête des Médiateurs, présente une histoire qui se déroule à la fois dans le présent, le passé et le futur de ses personnages. Pourquoi avoir fait ce choix narratif ?

Manikeo : Ce choix narratif est venu tardivement, il y a quatre ans environ. Tardivement si on prend en considération la gestation du livre qui a duré presque 20 ans.

Je voulais raconter l’après fin du monde, vue par les yeux du seul survivant, Atlas, et qui culpabilise de ne pas avoir été le sauveur qu’il aurait dû être. Cette temporalité est son présent, mais notre futur. Mais je voulais également qu’il comprenne ce qui s’est passé pour en arriver là. Cela permettait de mettre les choses en perspective.

Alors, grâce à une machine révolutionnaire, il part enquêter dans les souvenirs de ses propres parents et grands parents. Ceux-ci se battent pour éviter cette fin du monde. Cette étape temporelle est son passé et le présent pour sa famille.

Ce choix permet d’aller au delà de la forme narrative d’un roman et de faire des arrêts sur image dans la ligne temporelle. Le but est d’asseoir un argumentaire, et de mettre en place un parcours initiatique. Dans une quête, il y a forcément un élément déclencheur qui pousse à aller de l’avant, des choix à faire pour prendre un chemin. Des obstacles à franchir tout au long du parcours et surtout un objectif à atteindre.

Choisir de raconter cette intrigue tout au long des moments clefs de la vie des personnages était pour moi la meilleure façon de raconter cette histoire. Et ainsi relier leurs différents objectifs qui finalement se révèlent être le même : la quête des médiateurs. De plus, je me sentais plus à l’aise sur l’écriture d’un roman d’anticipation, avec des théories qui restent utopiques, que sur l’écriture d’un essai philosophique. Je pense que les lecteurs grands publics seront plus attirés par un roman que par un essai philosophique.

Ataraxia la Quête des Médiateurs, roman d’un auteur « à l’écart du système »

La Revue du Zèbre – Comment vous êtes-vous documenté pour écrire Ataraxia la Quête des Médiateurs ?

Manikeo : Ma documentation pour ce livre a été large. Elle était cinématographique, musicale et littéraire. En fait, c’est pour moi plus qu’un roman. C’est un manifeste pour la paix, pour la sauvegarde de la nature, pour l’harmonisation de l’être humain avec lui-même, les autres et la nature.

Cet ouvrage est ma propre profession de foi. Je me suis toujours senti à l’écart du système et au départ de ma réflexion, je voulais me renseigner pour comprendre quelles pouvaient être les raisons de cette sensation de n’être pas dans le même mode de ressenti et de pensée que la plupart des gens que je côtoyais. Avec la sensation d’être bien plus exacerbé, bien plus angoissé, bien plus tiraillé.

Donc, j’ai commencé à me renseigner en lisant des livres de psychologie et de philosophie. Et plus j’en apprenais, plus je me rendais compte que je ne connaissais rien. Mais surtout, je me rendais compte qu’il n’y avait pas vraiment de réponses précises à mes questions. Alors j’ai commencé à me renseigner plus largement afin de proposer ma propre explication, ma propre théorisation de ce que je ressentais et pourquoi.

Je me suis intéressé aux différents livres de développement personnel et à la communication relationnelle. J’ai découvert rapidement la PNL (Programmation neuro linguistique) vulgarisée par Anthony Robbins. Je me suis intéressé aux religions et aux philosophies à travers des lectures. J’ai eu une passion pour le symbolisme et j’ai découvert le travail de C.G. Jung sur l’inconscient collectif et l’alchimie.

Il y avait des mots qui revenaient souvent, « mandala », « Grand oeuvre » « labyrinthe » « archétype » « mythe »… C’est à ce moment que j’ai écrit mon premier ouvrage : « Ouroboros, l’histoire d’une tranche de vie » un conte philosophique, alchimique et humoristique.

Ensuite, j’ai cherché à théoriser un principe du Grand Tout. Je me suis intéressé à la science, (à la neuroscience, au principe de relativité générale et restreinte, mais sans rentrer trop dans le détail… ) pour répondre à la question existentielle qui restait obsessionnelle pour moi : « Pourquoi ? ».

« La prophétie des Andes », « Le monde de Sophie » et « Star Wars », entre autres, m’ont montré qu’on pouvait appréhender une réflexion philosophique et alternative au sein même d’un roman ou un film. C’est comme cela que j’ai eu envie de partager avec les autres le travail que je faisais sur moi-même. Et cela à la fois pour me faire comprendre et aussi pour rassembler et aider les personnes qui seraient comme moi, c’est-à-dire en recherche d’individuation, de définition et de positionnement.

Un « concept philosophique alternatif« 

La Revue du Zèbre – Pouvez-vous en dire plus sur ce « concept philosophique alternatif » que vous expliquez vouloir y développer ?

Manikeo :  Le roman est une mise en évidence du « concept ». Tout ce qui arrive aux personnages est là pour l’imager et le définir. En fait, je n’invente presque rien, puisque tout se transforme. Je mets en évidence. Je fais des liens entre des concepts existants ou alors je les mets en parallèle, en perspective. Et enfin, je les rassemble pour aller encore plus loin que la limite qu’ils ont seuls.

J’argumente en donnant des indices et des informations qui permettent de définir la vérité, la réalité en laquelle j’ai foi. Cet axiome, va permettre de positionner mon « concept philosophique alternatif ». La première étape est de définir qui on est et dans quel groupe d’être vivant on se place quant à sa vision du monde et sa façon de la vivre. Prédateur, proie ou médiateur. Ceci est le premier point de la philosophie que je défends et je donne une explication de comment on se découvre médiateur potentiel.

Le second point est la quête pour atteindre l’objectif que s’est fixé l’être humain qui choisit de devenir un médiateur. Cette transformation psychologique, pour accéder au stade de conscience qu’est le médiateur, est formalisée en 3 étapes. J’ai appelé « Ataraxia » le nom de cette quête. Les trois étapes sont expliquées dans le livre.

Une histoire avec des inventions à concrétiser

La Revue du Zèbre – L’histoire contient des inventions que vous annoncez « espérer pouvoir concrétiser » pour certaines. De quel type sont-elles ? Peut-on avoir un exemple d’invention ?

Manikeo : Il y a 3 inventions dans mon livre. La première est la théorisation de la machine qui permet à Atlas de venir visiter dans les souvenirs de n’importe quel être vivant. J’explique comment fonctionne ou plutôt comment pourrait fonctionner l’accès à cette bibliothèque globale. C’est l’idée d’un mélange du Cloud Internet et de l’inconscient collectif. Cette idée n’est pas nouvelle, puisque Platon l’évoquait déjà (sans la partie internet). Mais rassembler les deux et expliquer comment ça pourrait fonctionner est une chose que je n’ai vu ou lu nulle part.

La seconde est l’invention d’une technologie qui pourrait donner un accès au bonheur sur commande. Alors vous pourriez me dire que c’est déjà l’effet de la drogue. Mais sans rentrer dans une discussion sur l’Éthique, je dirai juste que ma technologie n’est pas intrusive comme le fait d’ingérer une drogue. Elle est plutôt quantique et fondée sur une thérapie musicale. Mais ce n’est pas non plus de la Sonothérapie. C’est cela que j’aimerais développer prochainement, ainsi que toutes les applications dérivées possibles.

Et la troisième, est l’invention de l’Ataraxia et la définition de ce qui fait de nous des médiateurs ou pas.

Des « médiateurs » sensibles et angoissés

La Revue du Zèbre – Qui sont les médiateurs ?

Manikeo : Pour simplifier, les médiateurs sont ceux qui se placent entre les prédateurs et les proies. Ils sont là pour apporter un équilibre, qui n’existent plus aujourd’hui chez les êtres vivants et qui pour moi est un point important de l’extinction de masse que l’on est en train d’infliger et de subir.

Ce sont des personnes hypersensibles, très empathiques, en recherche de sens dans leur existence et qui sont, au départ de leur quête de bien-être, extrêmement angoissés. Et il ne savent pas pourquoi ils sont aussi sensibles, aussi extrêmes, avec ce fort sentiment de culpabilité. Mon invention, la plus intéressante pour moi, est plutôt une découverte. J’explique pourquoi ils se sentent ainsi (angoissés et hypersensibles). Et j’explique ce qu’il faudrait faire pour se sentir mieux, c’est à dire équilibré. Je l’éprouve personnellement au quotidien.

La Revue du Zèbre – Quel est leur rôle dans le roman ?

Manikeo : Leur rôle dans le roman est de sauver l’humanité tout en sauvegardant la nature. Et je pense que les personnes que j’appelle « médiateurs » existent également dans la vie et qu’on leur donne déjà sûrement d’autres noms.

Les médiateurs ont un rôle de filtre. Ils ont une conscience élevée. Ils sont doués à la fois de passion et de raison. Ils aimeraient transmettre et partager au plus grand nombre, même s’ils se contentent pour le moment d’échanger avec des personnes qu’ils considèrent comme des pairs. Ils sont doués pour de nombreuses choses et s’ennuient vite, c’est pourquoi ils cherchent toujours à aller plus loin. Ils sont majoritairement artistes, philosophes, naturalistes, éducateurs.

Depuis quelques temps, j’ai fait un rapprochement avec la définition que l’on donne d’un Zèbre, une personne dotée de « douance », ayant un haut potentiel émotionnel. Comme je ne suis pas médecin, je ne peux donner que ma définition d’auteur et d’artiste, de ce qu’est pour moi, un médiateur.

Financement participatif pour l’édition d’Ataraxia la Quête des Médiateurs

La Revue du Zèbre – Vous avez lancé un financement participatif pour l’édition d’Ataraxia la Quête des Médiateurs. Où en est l’opération ? Quels sont vos objectifs ?

Manikeo : J’ai lancé un financement participatif, pour deux raisons. La première est que cela coûte cher de fabriquer un roman à plusieurs centaines ou milliers d’exemplaires. Par ailleurs, j’ai décidé d’éditer moi-même mon roman et ainsi garder ma liberté de ton, de fond du livre et la façon de le promouvoir.

L’opération avance doucement, car je n’ai pas un grand réseau. Le budget global minimum pour mon projet est d’environ 8 000 €. J’en paye de ma poche la moitié. J’espère atteindre les 1 000 € sur les 4 000€ demandés. C’est le seuil à atteindre pour que le financement soit validé et distribué. Nous en sommes à 600€ en une dizaine de jours, c’est pas mal, mais ça reste peu.

L’opération se termine à la fin du mois de mai. J’espère atteindre suffisamment pour lancer une première édition. De plus, mon projet est fondé sur le lien communautaire que tissent les médiateurs, alors j’espère également que grâce à ce crowdfunding, je vais commencer à relier dans le réel, les personnes qui partageraient ma vision du monde et créer un groupe de médiateurs.

Pour conclure, je ne saurais pas dire si je suis un Zèbre ou pas, puisque je n’ai pas choisi de me faire diagnostiquer. Sûrement à cause de la peur, de ne pas en être un et de ne plus savoir comment expliquer mon hypersensibilité de manière scientifique ou médicale.

En revanche, je n’ai aucun doute sur l’aspect philosophique de ma définition de ce que je suis et ce que j’entreprends, en tant que médiateur. C’est pourquoi, j’ai choisi, il y a 20 ans, au moment même où j’ai commencé à travailler sur ce projet, de m’appeler par un nom d’artiste : MANIKEO.

Manikeo étant un concept de recherche d’équilibre, de nuance, ce que j’appelle le GRIS MOYEN, la zone des mixités entre les polarités qui définissent le monde et non une vision binaire et manichéenne du monde.

Définir le monde au-delà des rayures noires et blanches du Zèbre (comme on peut le découvrir sur le dos de couverture du roman), est sûrement un point commun à tout ceux qui cherchent à établir un monde meilleur, non ?

Et vous ? Êtes-vous un médiateur ?

Pour en savoir plus :

www.tous-mediateurs.com
www.manikeo.com
www.rayondelune.com

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